 | Monsieur Martial KUCHEL À Martial,
Le temps de la rencontre improbable
: Dès le début, nous partagions bien plus que nos années de naissance, toutes deux marquées par 1954. Notre amitié est née rapidement, lors de ma dernière année au lycée Romain Rolland (1972-1973), où je mettais les pieds pour la première fois, tout juste arrivé de ma Bretagne natale. Sans hésiter, tu es venu vers moi pour me guider et me faire découvrir ce nouveau cadre. Le contact a immédiatement passé entre nous.
Le temps de la jeunesse insouciante et des familles
: Ensemble, nous avons pleinement vécu notre vie de célibataires, jusqu’à ce que nos chemins croisent ceux de nos âmes sœurs au sein de l’association Les Gastéropodes. Puis vinrent les naissances de nos deux filles, suivies par l’arrivée des petits-enfants. Les responsabilités familiales ont progressivement espacé nos rencontres, sans jamais briser notre lien. Ces dernières années, nous avions même pris l’habitude de nous accorder une demi-journée tous les trois mois : un restaurant, une balade digestive, et pour clore le tout, la célèbre bineuze de l’amitié.
Le temps du chagrin et des souvenirs : Un crabe sournois et impitoyable est venu briser notre 53e année d’une amitié fidèle et sincère. Avec courage, tu as lutté contre cet intrus, mais la bataille était trop inégale. Lors d’une visite à la clinique, je n’oublierai jamais ton dernier cadeau : cette confidence qui m’a touché au plus profond : « Tu es le frère que je n’ai jamais eu. »
Je présente mes plus sincères condoléances à Claude, à ses filles Cécile et Sophie, ainsi qu’à sa petite-fille Syana.
Bernard
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